
Audit technique et SEO du template de Positiv Media, plateforme francophone consacrée aux femmes entrepreneures du Sahel, basée au Burkina Faso. Diagnostic de ce qui bloquait la lisibilité et le référencement, sur un site pensé pour un lectorat dont je ne partage pas les codes.
La signature du média dit exactement ce qu'il cherche. D'un côté de l'écran, des femmes dont le parcours mérite d'être documenté. De l'autre, des lectrices qui ont besoin de voir ces parcours pour se projeter. Un média de journalisme de solutions vit ou meurt sur cette circulation, et le template du site en est le premier vecteur.
Quand j'interviens, la matière éditoriale est là et elle est bonne. Ce qui coince tient à la présentation : des portraits forts noyés dans une grille qui ne les distingue pas des annonces d'événements, et des rubriques dont les noms sont beaux mais dont la fonction n'est pas lisible au premier coup d'œil.
Avant de toucher au template, il fallait comprendre ce que chaque rubrique fabrique réellement. Elles ne se lisent pas de la même façon et ne devraient donc pas s'afficher de la même façon.
Avant de toucher au moindre mot, j'ai remonté la page d'accueil de haut en bas comme le fait un moteur de recherche, pas comme un lecteur. Le bandeau d'ouverture, la grille d'articles, les colonnes latérales, les blocs de récence en pied de page. À chaque niveau, une question technique précise : est-ce que la hiérarchie HTML reflète l'importance réelle du contenu, est-ce que les portraits forts ressortent dans le balisage autant que dans le visuel, est-ce que la page charge assez vite pour qu'un lien partagé ne perde pas la moitié de son audience avant même l'ouverture.
C'est ce diagnostic qui a fait remonter le vrai problème. Des portraits qui méritaient d'être la porte d'entrée du site restaient noyés dans une grille qui les traitait comme n'importe quelle annonce d'événement, autant pour un lecteur humain que pour un robot d'indexation.
Pour tester la structure, j'ai travaillé sur deux articles réels qui ne posent pas les mêmes problèmes de mise en page ni de référencement. Un portrait culturel qui vit sur une image forte et une longue colonne de texte, et un reportage à angle environnemental sur le recyclage des pneus usagés à Ouagadougou, qui donne des faits, des lieux, des chiffres, et qui gagne à être ponctué de respirations et de relances vers d'autres articles.
Un même gabarit ne pouvait pas servir les deux sans pénaliser l'un ou l'autre, sur la lecture comme sur le référencement. La recommandation a tenu en une règle simple : un média qui alterne portrait et reportage a besoin d'au moins deux variantes d'article, chacune balisée pour ce qu'elle est, pas d'un modèle unique appliqué partout.
Positiv Media s'adresse à un lectorat sahélien avec ses propres références, son propre rapport à l'entrepreneuriat féminin, ses propres codes de politesse dans les titres. Je ne suis pas burkinabè. J'ai dû lire beaucoup avant de proposer quoi que ce soit, et accepter que mon intuition marocaine ne soit pas transposable telle quelle.
C'est exactement la posture que j'adopterais sur un marché comme le Québec. Lire d'abord, écouter comment les gens formulent les choses, et ne rien recommander avant d'avoir compris pourquoi une tournure passe bien ici et sonne faux ailleurs.